Nature morte dans un fossé

Nature morte dans un fossé

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C’est Paul Lefebvre qui découvre par hasard au détour d’une librairie le texte de ce jeune auteur italien qui étonne l’Europe par l’immensité de son talent et sa prise de parole sociale et politique. Subjugué, il contacte Christian Lapointe qui s’empresse de le lire. C’était exactement le texte qui manquait pour sceller la collaboration de ce dernier avec le Théâtre Blanc. En effet, Jean Hazel, le directeur artistique, cherchait depuis quelques années l’occasion de travailler avec le metteur en scène, le collectif Cinaps et l’Escaouette.

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Paul Lefebvre raconte : « De retour chez moi à Gatineau le lendemain, je lis d’une traite cette Nature morte dans un fosséde Fausto Paravidino. Arrivé à la conclusion, je suis soufflé. Le fil conducteur est une histoire policière et l’auteur en profite pour opérer une radiographie sociale, révélant les liens inattendus entre une étudiante assassinée, un policier aussi efficace que désabusé, un jeune homme bcbg, une prostituée yougoslave, un petit pusher, une ancienne militante de mai soixante-huit rentrée dans le rang… Mais la conclusion balaie la dimension sociale pour nous faire basculer dans le tragique : l’on se rend compte alors que l’auteur a travaillé minutieusement à épuiser le discours autour de ce meurtre pour nous révéler, à la fin, ce dont tous nous mourons en ce moment. »

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Christian Lapointe s’empare du texte, dans une nouvelle traduction de Paul Lefebvre. Bien que différent de sa palette habituelle, il y retrouve des éléments fondamentaux qui l’interpellent : un rapport à la parole contre naturaliste, la recherche de l’absence et une critique sociale.

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Acteur, metteur en scène, scénariste, traducteur de Shakespeare et de Pinter, Fausto Paravidino est, à trente ans, la révélation de la scène italienne. Auteur d’une dizaine de pièces, il expérimente à chaque fois une forme nouvelle. En dénonçant les travers de son monde, sans acrimonie, en faisant un poème de sa colère, en refusant de dissocier morale et politique, Paravidino marche sur les pas de Dario Fo.

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De cette colère est faite Nature morte dans un fossé, un poème tout à la fois théâtral, burlesque et macabre, un poème à six voix écrit en 2002 et publié en français chez L’Arche. Fausto Paravidino a choisi une forme particulière pour raconter cette histoire noire. Construite comme un puzzle, la pièce est une succession de monologues, les témoignages des protagonistes, dans une atmosphère sombre mais empreinte d’humour. Dans la proposition de Christian Lapointe, l’action théâtrale qui se joue en décalage avec ces monologues, accentue l’étrangeté du récit situé en Italie mais dont les protagonistes arborent de forts accents acadiens, anglais et québécois.

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TEXTE

Fausto Paravidino

TRADUCTION ET ADAPTATION

Paul Lefebvre

MISE EN SCÈNE

Christian Lapointe

DISTRIBUTION

Marcia Babineau, Stéphanie David, Jean-Michel Déry, Christian Essiambre, Kevin McCoy, Mario Mercier

CONCEPTION

Jean Hazel, Huguette Lauzé, Collectif CINAPS (Lionel Arnould + Mathieu Campagna + Jean-François Labbé)

REPRÉSENTATIONS

Nature morte dans un fossé a été créée pour la première fois en Amérique en mars 2009 au Périscope à Québec. Elle est ensuite présentée en avril au Théâtre l’Escaouette à Moncton et fait l’ouverture en septembre de la même année de la biennale Zones Théâtrales au CNA à Ottawa.

Une coproduction du Théâtre Blanc et du Théâtre l’Escaouette de Moncton

« Nature morte (…) se fait objet visuel, objet sonore, objet de doutes et de réflexions, elle maintient le suspense narratif, livre la prestation théâtrale, renouvelle les règles du jeu, ose l’exploration en direct et l’humour au passage, dans une fascinante mise en lumière. »
Sylvie Nicolas, Le Devoir

« Ce texte offre tous les ancrages nécessaires à l’élaboration d’un langage théâtral inusité, mais qui frappe au cœur. »
Mon Théâtre